Le projet EVI-GENORET
Le projet européen EVI-GENORET est le premier au monde à tenter de collecter et mettre à profit l’ensemble des données cliniques et biologiques relatives à la rétine. Le mobile : comprendre les mécanismes des dégénérescences rétiniennes pour en déduire des moyens thérapeutiques.
Le soutien au niveau européen à la recherche sur les maladies de la rétine n’a véritablement démarré qu’à la fin des années 1990, avec deux réseaux de recherche (PRORET, « Neuroprotection de la rétine », et PRO-AGE-RET, « Protection de la rétine au cours du vieillissement ») coordonnés par José-Alain Sahel, alors à Strasbourg. Ces réseaux étaient soutenus par le 5ème Programme Cadre de Recherche et Développement (PCRD, 1998-2002) de l’Union européenne.
Le 6ème PCRD (2002-2006) a permis de poursuivre le mouvement en soutenant un vaste projet proposé par l’Institut européen de la vision (European Vision Institute, EVI, Bruxelles), créé en 2003 sous l’impulsion de José-Alain Sahel, José Cunha-Vaz, responsable de l’association pour la recherche biomédicale et l’innovation sur la lumière et l’image (AIBILI, Coimbra, Portugal), Eberhart Zrenner, directeur de la clinique universitaire ophtalmologique de Tübingen (Allemagne), et Adam Sillito, alors Directeur de l’Institut d’ophtalmologie de Londres.
Lancé le 1er avril 2005 par la commission Européenne et géré par l’EVI, le projet EVI-GENORET (« Génomique fonctionnelle de la rétine ») est un projet très ambitieux qui vise à comprendre quels sont les gènes et les protéines impliqués dans le développement et la survie des photorécepteurs de la rétine, les cellules le plus souvent affectées dans les rétinopathies. Ce projet a la particularité d’associer fortement un vaste consortium de laboratoires académiques, privés et des cliniciens. C’est le seul projet de Génomique Fonctionnelle coordonné par un clinicien, José-Alain Sahel. Il était indispensable de donner à ces interactions les vecteurs adéquats. A cette fin, une base de données est en cours de constitution. Ce travail nécessite de fortes compétences informatiques afin de concevoir un système permettant aux chercheurs de partager à tout moment leurs informations tout en étant parfaitement sécurisé.

Logo EVI-GENORET
L’objectif est en effet de pouvoir annoter et ordonner de manière standardisée toutes les données disponibles sur les fonctions des gènes répertoriés : données biologiques (génétique, génomique, biologie cellulaire et moléculaire, biologie du développement de la rétine), informations concernant les modes d’expression des gènes et des protéines dans la rétine normale et dans la rétine en dégénérescence (génomique fonctionnelle), et données cliniques et thérapeutiques.
EVI-GENORET-database, coordonné par Olivier Poch à l’Institut de la Vision et à l’Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire (Illkirch), est réalisé par Raymond Ripp. Un consortium d’une cinquantaine de laboratoires et centre cliniques rattachés à vingt cinq entités académiques et industrielles, dans douze pays européens, en a établi l’architecture avec lui et l’a d’ores et déjà enrichie de millions de données.
J.J. Perrier



