Actualités

Imprimer Partager

Pékin-Londres en tandem, le nouveau défi de Gérard Muller

Départ du Pékin-Londres 2012

Suivez l'aventure de Gérard au fil des étapes !


Après avoir parcouru le Chemin de Compostelle avec l’unique assistance d’un prototype de GPS innovant l’été dernier, Gérard Muller, ambassadeur de l’Institut de la Vision et malvoyant, est de retour sur les routes pour un nouveau défi sportif : parcourir le trajet de Pékin-Paris-Londres en vélo tandem.

Il a rejoint pour cela l’expédition de la Fédération Française de Cyclotourisme. Le groupe, composé de 80 cyclotouristes français et étrangers, va parcourir 14 000 km en 5 mois, tout en traversant 13 pays d’Asie et d’Europe : Chine, Kirghizistan, Kazakhstan, Russie, Ukraine, Moldavie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Autriche, Allemagne, France, Angleterre.

Cette organisation exceptionnelle est mise en place afin de promouvoir les valeurs intrinsèques du cyclotourisme : l’amitié, la solidarité, le développement du tourisme et de la culture, les échanges entre les peuples, ainsi que les valeurs de l’olympisme et le développement du sport pour tous. Le groupe arrivera à Londres le 8 août 2012, la veille de l’ouverture de Jeux paralympiques.

Gérard Muller n’en est pas à son coup d’essai : en 2008 déjà il avait parcouru le trajet inverse de Paris à Pékin en tandem. Cette année, il profitera de cette aventure pour promouvoir les recherches menées à l’Institut de la Vision et pour envoyer un message aux malvoyants et aveugles : "Sortez de chez vous, la vie est belle et la rencontre des autres est toujours source de bonheur et de richesse et surtout soyez confiant dans l'avenir, la recherche avance !".

Carte du parcours de Pékin à Londres


Suivez l’aventure en lisant les commentaires envoyés par Gérard au fil des étapes !

Et pour soutenir Gérard dans son combat contre les maladies de la vision, faites un don : cliquez ici.

Strasbourg, le 3 septembre 2012

Me voici de retour chez moi !
Voila plus de 10 jours que je ne vous ai pas donné de mes nouvelles.
Depuis mon dernier message, il y a eu l’entrée dans Paris qui, comme toutes les entrées de grandes villes, a été mouvementée. J'ai eu le plaisir de retrouver Anny, mon épouse, et aussi les personnes d’Arc-en-Ciel Aventure. En 2010, nous avons organisé avec la FFCT et Michel Cabart une opération appelée « Arc-en-Ciel Aventure » : un parcours cycliste entre Poitiers et Paris avec des personnes présentant différents handicaps. Étaient rassemblées dans cette aventure des personnes aveugles en tandem, des paraplégiques en handbike, d’autres ayant un handicap mental et enfin des personnes suivant des traitements médicaux lourds (chimiothérapies). L’objectif était double, et en accord avec celui que je poursuis avec mon association Yvoir : d’une part montrer qu’une personne handicapée peut avoir une vie presque normale, et d’autre part, amener ces personnes à mieux accepter leur handicap.

Après Paris, il restait 4 étapes jusqu’à Londres. Etapes relativement bosselées. Une nuit de camping sous la pluie et deux nuits passées dans des gymnases nous ont permis de garder nos bonnes habitudes. Enfin ce fut l’arrivée à la Tower Bridge de Londres, où un comité d’accueil d’exception m’attendait : Agnès et Emilie, deux de mes petites-filles, Marie et Julie, deux de mes nièces, et mon épouse Anny.
Après une soirée dans les pubs londoniens avec mes compagnons de 5 mois, je suis rentré le lendemain pour reprendre mes activités associatives et surtout assister au baptême de ma dernière petite-fille, Alice.
L’heure est aussi venue de faire un rapide bilan de cette expédition. Sur le plan sportif, j’ai été gâté : 14500 km parcourus, 83000 m de dénivelés franchis. Un parcours globalement beau, surtout dans la partie chinoise, montagneuse et peu fréquentée. Le Kirghizistan est toujours aussi beau et j’ai très envie d’y retourner randonner à pied avec mon épouse pour mieux connaitre cette population très attachante. La Roumanie et la Bulgarie ont été un véritable enchantement pour la beauté de leurs paysages.
En revanche, la longueur et la difficulté de certaines étapes m’ont moins permis d’aller à la rencontre des personnes croisées sur notre route.
La vie en groupe pendant 5 mois, 24 heures sur 24, avec la fatigue et l’inconfort des bivouacs, est une expérience qui permet de mieux connaitre les gens. Dans ces situations qualités et défauts sont exacerbés.
Enfin, je tiens particulièrement à remercier Dominique qui était présent 24h sur 24h à mes côtés, aussi bien sur le tandem qu’à l’arrivée à l’étape. J’estime qu’il est le véritable héros de cette fantastique équipée. Un grand merci à toi Dominique !

Troyes, le 19 août

"Cinq jours depuis Astringence et nous voilà en France, à deux jours de Paris.
Les deux dernières étapes en Allemagne ont été très agréable sur le plan touristique. Beaux paysages et des pistes cyclables entre Danube, prairies et forêts. En plus, ces dernières journées ont été émaillées de magnifiques surprises. D'abord à l'arrivée de Donauchingen, le Président de mon club ASES, Jean-Pierre Steinmetz, et mon pilote Bernard Meyer m'ont retrouvé ici.

Le lendemain, ils m'ont accompagné sur l'étape qui nous a ramenés en France à Kingersheim.
Cette étape a commencé sous la pluie et dans la descente du col qui nous ramenée à Fribourg, j'ai retrouvé mon épouse Anny et mon beau frère Ernest. Sur le parcours, c'est Martin mon deuxième fils qui m'a rejoint à vélo.

Au passage de la frontière de nombreux amis et un de mes amis pilote André, qui est aussi viticulteur, m'a régalé de quelques échantillons de sa production.

A l'arrivée à Kinesthésie, encore des surprises : Anna la compagne de Martin m'y attendait, ainsi que Débora et Jean mon petit dernier. J'ai eu le plaisir de découvrir d'autres amis, dont Jean Pierre et Anne-Lise qui ont écourté leurs vacances, et enfin Pierre Kieffer et son épouse qui ont complété ce tableau de retrouvailles.
Mais la fête que le club de Maurice Siberlin, participant au Pékin-Paris, a organisé, a fait de ces retrouvailles alsaciennes un vrai moment de bonheur.

Les dernières étapes françaises nous ont fait dire à tous que la France est un merveilleux pays pour le cyclotourisme.

A bientôt !"

le tandem
Dominique et Gérard .

Sigmaringen le 14 août

"Sept jours sont passés depuis notre journée de repos dans la merveilleuse ville de Vienne.

Sept jours où nous avons longé le Danube, entièrement sur les pistes cyclables, ce qui pour nous cyclistes est un vrai bonheur : nous n'avons pas à côtoyer les voitures dont la présence nous incommode souvent et parfois, comme en Ukraine, nous effraye.

Les 3 premiers jours se sont passés en Autriche où nous avons pour la première nuit dormi à Melk, connue dans toute la chrétienneté pour son abbaye bénédictine et surtout pour son extraordinaire bibliothèque qui conserve encore maintenant certaines des bibles les plus anciennes.

Ces journées de vélo sont vraiment du cyclotourisme tel que Dominique et moi l'aimons. Nous roulons de façon autonome, nous nous arrêtons comme l'envie nous en prend. Parfois une auberge accueillante nous incite à consommer un gâteau comme la fameuse tarte de Linz, une autre fois nous nous désaltérons avec une bonne bière.

Il y a trois jours, c'est une fête folklorique qui nous a attirés et nous y avons dégusté de merveilleuses truites cuisinées au barbecue. Pour nous donner du courage pour avaler les dernières kilomètres nous avons terminé ce repas avec une tarte au fromage blanc que Dominique m'a aidé à terminer.

Hier, c'était une étape beaucoup plus longue, 160 kms entièrement sur une piste cyclable pas toujours bien fléchée et c'est en ordre très dispersé que l'ensemble du groupe s'est retrouvé le soir devant la cathédrale d'Ulm. Nous avons pu terminer cette journée grâce à une bavaroise que nous avons dégusté à midi dans un restaurant : un repas sucré, très consistant, qui peut s'apparenter à des gros beignets avec une pâte très consistante, fourrées de fruits rouges et nappées d'un sirop légèrement caramélisé.
Nous sommes très loin des montagnes isolées de Chine, des pentes escarpées du Kirghizstan et des steppes austères du Kazakhstan ! Et de fait, nous sommes à 2 jours de Mulhouse et de la France."


Le tandem Dominique et Gérard.

Vienne, le 7 août - jour de repos

"Vienne, magnifique capitale où l'art et la musique et l'histoire sont omni-présents.
Malgré la fatigue accumulée durant 8 jours de vélo, je n'aurais manqué la visite et l'ambiance de Vienne pr rien au monde. Ces visites en petit groupe d'amis, loin de l'ensemble du groupe ont un effet revigorant.

Les 8 jours de vélo depuis notre dernier rendez-vous à Vidin ont été beaux, difficiles par la longueur des étapes, le dénivelé presque toujours présent et une chaleur étouffante.

Au départ de Vidin, le premier jour, nous avons quitté la Bulgarie pour retrouver la Roumanie où pendant 2 jours nous avons longé les berges du magnifique fleuve Danube.
Les berges sont belles, avec des collines verdoyantes qui fallait malheureusement gravir. Les paysages sont une alternance de petites stations balnéaires et de villages agricoles, qui malheureusement ont été délaissés par la population.

Après ces 2 journées de vélo difficiles, 2 à 3 étapes intermédiaires plus roulantes qui ont permis de récupérer des fatigues passées.

Après la Roumanie, la Hongrie, où nous avons rejoint le lac Balaton dont nous avons fait pratiquement le tour. Le premier jour où nous sommes arrivés à la pointe Nord Balatonfured, nous avons eu tous les éléments qui rendent un peloton nerveux : l'étape fut longue, 150 km prévus et à l'arrivée 175 km et un dénivelé plus important que prévu, un pique nique qui n'était pas au rendez-vous à midi, le tandem a fait face aux problèmes grâce à Maurice, l'alsacien du peloton, qui nous a trouvé un restaurant avec choucroute au menu.

Les imprévus ont continué : en effet, nous avons eu beaucoup de mal à trouver notre lieu d'hébergement, ce qui fait que nous sommes arrivés quasiment de nuit. Mais je ne sais pourquoi nous avons pris cela avec beaucoup d'humour et de détachement. Par contre, le lendemain il y a eu de nouveau un supplément de 20 km qui n'était pas tout à fait prévu et la fatigue aidant nous avons trouvé cela un peu moins amusant que la veille.

Hier, l'arrivée à Vienne était assez rock and roll : nous avons perdu dans la tourmente deux cyclos et, plus grave, à l'arrivée, Catherine, la femme d'un participant qui est venue le rejoindre à Vienne, s'est fracturée le poignet juste avant l'arrivée à l'auberge.

Ces arrivées dans des grandes villes sont très éprouvantes pour Dominique à cause de la concentration qu'elles demandent, au stress que cela engendre pour moi-même et surtout à cause de la fatigue de relancer le tandem après chaque arrêt.

Nous sommes aujourd'hui à un peu plus de 2000 km de Londres mais cela nous rapproche du but final, mais les incidents des derniers jours nous montrent qu'il faut être, plus que jamais, concentrés et vigilants.
Moi, pour ma part, je suis déjà, dans ma tête, à mon arrivée à Strasbourg et c'est ainsi que demain je vais parler au groupe du livre que Chantal Serrière a écrit sur mon parcours de vie et mes différentes rencontres qui ont permis ce parcours là, depuis l'annonce de la maladie, le déni du handicap qui en a suivi et ensuite l'acceptation. Le livre s'appelle
"Cet aveugle insensé qui voulait voir autrement". Son prix de vente est de 20 € + 3€ pour frais d'envoi si nécessaire (sortie en septembre).
Ce livre est accompagné d'un CD lu par l'auteur, et les bénéfices de la vente iront entièrement à la Fondation Voir et Entendre, pour la recherche en ophtalmologie.


Vous pourrez en faire la demande à :
Association Yvoir
22 rue de Bitche
67000 Strasbourg

A bientôt !"


le tandem Dominique et Gérard

Vidin, le 29 juillet

"Journée de repos au bord du Danube, une ville qui est belle avec de petits restaurants où la bière coule à flots et qui servent de petites fritures. Les eaux calmes du Danube nous ont poussés à des baignades rafraîchissantes, car depuis quelques jours les températures avoisinent les 40 degrés.

Les trois jours de vélo depuis notre dernier envoi ont été très beaux, des collines, des paysages changeants, des terres qui paraissent fertiles et où l'agriculture traditionnelle avec charrettes et chevaux côtoie l'agriculture intensive.

Avant notre journée de repos, nous avons bivouaqué dans un petit village sympathique et nous avons eu l'occasion de prendre notre repas du soir en plein air au-dessus du village et nous avons pu goûter les vins locaux, qui sont sympathiques et corsés.

Les jours passent, nous approchons doucement mais sûrement de Londres, en effet, plus de 11 000 kms ont été parcourus, presque 70 000 m de dénivelé ont été gravis et 103 étapes ont été effectuées, et demain matin nous prenons le bac pour retrouver la Roumanie que nous avions quittée il y a 5 jours.
"


A bientôt
Le tandem Dominique et Gérard

 

Ruse, le 25 juillet
 

"Trois jours depuis Tulcéa, mais pour moi-même 2 jours de vélo seulement.

Lundi nous avons fait l'étape de Tulcéa à Constanta qui était de 130 km, l'étape a plutôt mal commencé, le câble du dérailleur avant s'est déchiré, donc nous avons fait une première partie de l'étape sans pouvoir changer de plateau avant mais comme d'habitude notre fidèle « docteur Guy Estopina » et grâce à Henri Bourel qui avait le bon cable et la bonne longueur, nous avons pu effectuer la réparation et le tandem s'est lancé à la poursuite de la voiture balai et du dernier peloton que nous avons récupéré avant le repas de midi.

Cette partie du circuit était vraiment adaptée au tandem et cette chasse au peloton était un vrai plaisir.

Mais comme d'habitude, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Eh Oui : un coup de fatigue le lendemain matin, manque de motivation, je ne suis pas monté sur le tandem et j'ai passé ma journée dans le camion.

Par contre, Dominique a récupéré avec Michel Hervé une véritable formule 1 en remplacement du diesel poussif que je suis. En effet, Michel est un athlète complet, il a fait le Paris Brest : 1200 km en 45 heures.

Et aujourd'hui, regonflé et remotivé, nous avons effectué l'étape de 120 km avec plaisir malgré la canicule.


A bientôt."


Dominique et Gérard.

Les impressions de Michel Hervé

24_juillet"La 1664, je ne parle pas de la fameuse bière mais de la paire Dominique/Gérard tandem et remplacée  par la 1642 Dominique/Michel.

Gérard s'est trouvé fatigué ce matin et a préféré souffler un peu. A la fin du petit déjeuner Dominique me prend un peu au dépourvu mais ma réponse est immédiate : oui !

Après je n'ai plus trop le temps de réfléchir, j'étais d'ailleurs un peu en retard pour le briefing du matin. Toutes mes affaires dans le camion, je ne prends qu'un bidon et un coupe vent. Après 100 m d'essai, c'est parti pour 150 km.

De suite je perçois nombre de difficultés. Même si je ne m'étais pas posé la question de confiance dans le pilote, il l'avait d'évidence, après près de 10 000  km avec Gérard sur le périple, derrière on subit :

  • l'équilibre à deux à faible vitesse,
  • le besoin d'espace autour du tandem surtout en ville et en peloton,
  • la coordination pour le départ,
  • l'anticipation permanente,
  • la position sur la route : Gérard n'aime pas être à gauche de la voie, il perçoit trop la proximité des véhicules, pour ma part, je n'ai pas aimé être à droite près de l'accotement ou des trottoirs,
  • problème technique de la « danseuse »,
  • problème du rythme du pédalage que l'on subit

Globalement j'ai trouvé que cela était dur, car il faut toujours être en prise.

J’ai ainsi pu percevoir un peu mieux les difficultés de rouler en tandem et surtout, de connaître, grâce à la complicité de Dominique une grande partie des codes et des habitudes qu’il a en commun avec Gérard qui est je le rappelle, mal voyant. Ainsi, il décrit l’environnement dans lequel ils évoluent, il annonce les différents obstacles qui se présentent dans le but d’anticiper au maximum la conduite de leur engin. C’est pour Dominique, beaucoup de tension et de stress tout au long des journées en plus de la fatigue physique due à l’effort. Pour cela, je lui tire vraiment mon chapeau."


Michel Hervé.

Dzhankoi, le 12 juillet

"Cela fait 3 jours que nous roulons en Ukraine après le passage - toujour un peu long - de la frontière avec la Russie. Tous les éléments sont réunis pour que le peloton et le tandem musardent. En effet nous sommes au bord de la mer Noire où la saison touristique bat son plein. La Crimée est une région touristique et il y pousse des vignes qui nous donnent l'occasion de déguster vin blanc et vin rouge.
Malheureusement, Dominique vient d'apprendre le décès brutal et inattendu de son filleul Thomas âgé de 32 ans, marié à Amandine et qui était papa d'une petite Alice âgée de 2 ans. Ce qui me fait penser à ma dernière petite fille qui a le même âge et qui porte le même prénom. Dominique pense évidemment aussi à son frère Pierre-Marie qui est le père de Thomas. Ce qui me touche aussi beaucoup, c'est que Pierre-Marie a fait savoir à Dominique que la cornée de Thomas va servir de greffons et redonnera la vue et donc un peu plus de vie à quelqu'un d'autre.

La vie est ainsi faite que l'expédition continue, mais il est vrai que les pensées de Dominique sont plus tournées vers Thomas et les siens que les préoccupations journalières de l’expédition."
Dominique et Gérard.

Kropotkin, le 7 juillet

"La journée a commencé sous une pluie battante, qui a duré 6 ou 7 heures. Pour arranger le tout : un vent violent de face, une circulation importante et une chaussée rendue glissante par la pluie et le gasoil. Le tandem n'avançait qu'à 12 ou 13 km/h et était constamment accompagné du bruit des camions et des voitures, qui avaient la mauvaise idée de passer relativement près de nous. Mais nous avons tout de même réussi à avaler les 160 km ! Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas : hier l'étape de 155 km a été rapidement traversée, à une vitesse de plus de 30 km/h.

Toutes ces journées m'amènent à la réflexion suivante : le voyage et l'aventure vous transforment à la condition de tirer profit des événements qui vous arrivent. Le voyage, en effet, vous amène à vous découvrir, à vous dépasser. Avant hier matin il fallait vraiment être motivé pour partir. Mais se dépasser procure une grande satisfaction. Je pense que souvent dans la vie de tous les jours, on se retrouve dans des situations comparables et ce type d'aventure, je pense, vous permet de vous donner des outils pour mieux surmonter l'adversité du moment et penser que l'avenir ne peut être que meilleur.

Le voyage et l'aventure vous permettent aussi, au travers des autres, de voir qu'il y a des régions dans le monde où la vie est autrement plus difficile que chez nous. J'espère que cette réflexion momentanée, je saurai la mettre en application le moment venu.

Ce soir, avec 2 ou 3 amis, nous irons manger des "chachlick" (brochettes) le tout arrosé de bière ou de vin.

Suite aux prochaines aventures !"

Le tandem

Svetlograd, le 4 juillet

"Nous voilà toujours en Russie, où hier la monotonie du début de l'étape a été interrompue par une pluie plutôt fraiche et pas très agréable, toujours avec ce vent de face. Heureusement ça n'a pas trop duré, vers le milieu de la journée le paysage a changé : la steppe monotone a fait place à des bosquets de plus en plus nombreux, des plans d'eau et un ou deux villages.

Aujourd'hui l'étape a été courte - 60 km - mais ce changement de rythme a eu un effet inattendu : une fatigue et une petite lassitude, ressenties par l'ensemble du groupe. Pour remonter le moral des troupes, nous avons organisé un petit apéritif à la vodka évidemment !"

Dominique et Gérard.

 

Elista, le 2 juillet

"Aujourd'hui, nous sommes à Elista dans un hôtel et on profite de l'occasion pour donner de nos nouvelles.

Samedi, après notre journée de repos, nous avions une petite étape et nous en avons profité pour musarder à vélo dans la très belle ville d'Astrakhan, où une très belle église orthodoxe et les remparts m'ont particulièrement plu. Nous avons élevé nos tentes devant un restaurant ; ici nous avons eu un accueil particulièrement touchant, les dames du village nous ont fait une démonstration de danses causaques et tartares et nous ont donné un magnifique concert de chants traditionnels des différentes éthnies qui peuplent la région. Ces chants et danses étaient pour une fois accompagnés d'un accordéon, j'étais tellement dans l'ambiance, que je n'ai pu m’empêcher de danser avec elles.

Le lendemain, autre jour, autre plaisir : 175 km dont 75 avec un vent de face. Et s'est éreintés que nous sommes arrivés au village étape, journée rectiligne, monotone, fatigante. Le vent a un effet irritant sur un certain nombre de cyclos.

Ce matin une pluie battante et le vent étaient au rendez-vous. Heureusement la pluie a bien voulu s’arrêter dans la matinée. Dans l'après-midi, nous avons pu fait un tour au marché local et profiter de la bonne ambiance."


Dominique et Gérard.

Astrakhan, le 29 juin (journée de repos)

locaux"Après notre chevauchée kazakh, une journée de repos à Astrakhan, très belle ville située le long de la Volga.

Les paysages ont changé depuis hier. L'aridité et la monotonie des steppes kazakh ont été remplacées par des paysages plus verts avec des troupeaux de vaches, de chevaux et de nombreux courts d'eau. Les routes sont aussi bordées de nombreux arbres qui rendent les rayonnements du soleil moins brûlants.
Le passage de la frontière a toujours été aussi long et chaud ; nous étions tous à la recherche d'un petit coin ombragé.

L'épreuve kazakh nous angoissait tous par rapport aux pistes, au vent et à la chaleur mais la réalité était souvent différente de celle que nous avions imaginé. Par exemple, quand nous nous attendions à avoir un vent de face défavorable,nous avions un vent arrière qui nous donnait l'impression d'être costauds.
Tout cela me fait réfléchir : pourquoi ne pas vivre pleinement le présent au lieu de penser à l'avenir qui est incertain et qui nous semble souvent effrayant ou négatif. Cette réflexion je la fais un peu pour nous, les malvoyants, qui sommes omnibulés par notre future acuité visuelle, dont nous ignorons tout. Vivons pleinement aujourd'hui et maintenant !

Cette expédition est rendue agréable grâce à un groupe d'amis : Guy Estopina, Jean-Marie Zimmerman, Pascal Pons, Louise Hénault, Marie Paule Nullans, Daniel Chuzel, les époux Bourel, Annie Proust, et tous ceux qui de façon plus occasionnelle n'hésitent pas à partager ces moments de plaisir. Il y a aussi Annie et Henri qui relayent mes messages, et tous ceux qui se proposent régulièrement de m'aider au quotidien : Mireille Bourel, Jeanine Bousseau, Maurice Ziberlin et évidemment Dominique.

Il faut que j'avoue que cette relation de dépendance, par exemple par rapport à la lessive, est une situation confortable pour moi ! Je pourrai souvent la faire tout seul et dans l'avenir je prendrai cette tâche plus souvent en main."

Le tandem

Atiraw, le 25 juin

Tandem"Six jours déjà depuis Kizil Orda, mais dans les steppes du Kazakhstan les connexions internet sont plutôt rares.

Il y a eu d'abord 3 jours d'intermède où le vélo a été remplacé par 20 h de train. J'ai pu profiter d'une chambre climatisée, qui rendait les 51 degrés au soleil plus supportables, et des havanes que ma cousine a eu la gentillesse de m'offrir pour le départ et que j'avais eu rarement le plaisir d'apprécier jusqu'à présent.

Nous n'avons pas vu passer ces 20h de train : Pascal s'est avéré un chef de chœur hors pair et nous avons chanté le répertoire de Brassens, Ferrat, Moustaki et d'autres.

Une fois de plus, je me rends compte qu'il faut vivre le moment présent et ne pas trop penser aux deux étapes futures qui font peur à tout le monde : la première nous a amenés de Bayganin à Mugir par 135 km de piste défoncée qui n'a pas épargné mon dos et a mis à rude contribution Dominique qui devait zigzaguer entre les nids de poule, les baignoires à hippopotames, les bancs de sable, les trous de boue et pour terminer un orage qui a transformé la piste en patinoire. Heureusement, l'accueil dans le petit village de Mugir a été sympathique et réconfortant.

Le lendemain, bis repetita : 139 km, dont 90 km de piste, ont été encore plus éprouvants surtout lors du franchissement d'une dune de sable et des 30 km derniers kilomètres face au vent.

Mais toutes ces avanies ne nous ont pas abattus. Ces 2 jours difficiles ont malgré tout été aussi un moment de plaisir : le groupe nous a félicité, et surtout Dominique. J'ai beaucoup pensé à Dominique Kohler, avec lequel je fais régulièrement du VTT en tandem et qui m'a permis de mieux traverser ce parcours compliqué.

Aujourd'hui, l'étape était plus reposante : 100 km sur une route bien plate ! Et journée symbole de notre expédition car, en franchissant le fleuve Oural, nous avons aussi franchi une frontière virtuelle entre l'Asie et l'Europe.


A bientôt !"


Le tandem Dominique et Gérard

Kizil Orda, le 20 juin

"Journée de repos ici à Kizil Orda avant de prendre le train pour Karaulkeldy. Nous avons déjà franchi plus de 7 400 km, gravi 52 000 m de dénivelé et avons effectué 70 étapes sur les 127.

Notre chevauchée Kazak a toujours ses 3 ingrédients :

  • la chaleur : 47 degrés à l'ombre, ce qui est pour moi un record de chaleur à vélo.
  • le vent : clément le matin, il a la mauvaise idée de se lever en fin de matinée et de réchauffer l'eau de nos gourdes.
  • les routes : plutôt en meilleur état qu'en 2008, ce qui n'est pas pour déplaire à mon dos !

Ce qui est très agréable, le soir au bivouac, c'est que les villageois ont organisé concert de Karaoké avec des chants Kazak, du folklore et chants plus récents. Ces soirées sont l'occasion pour nous de nous défouler sur la piste de danse avec les Kazak et les cyclotes les moins fatiguées.

Suite aux prochaines aventures !"


Dominique et Gérard

Turkistan, le 16 juin

67ème Etape Torkol Turkistan"Deux jours de chevauchée Kazhaque depuis Shymkent, pendant lesquels j'ai retrouvé tous les éléments que j'avais en mémoire de ma traversée 2008 : grosses chaleurs, routes défoncées qui ravivent mes douleurs dans le dos et les fessiers endoloris.

Le vent pour l'instant n'est pas de la partie et nous laisse progresser à une allure correcte. Le premier jour, la monotonie des steppes a été agrementée par la rencontre d'une nomade qui nous a proposé du lait de chamelle très rafraichissant et m'a rapellé le koumis, lait de jument fermenté que nous ont offert les bergers kirghises.

La journée du vendredi s'est terminé dans une école a Torkol. Ici au Kazhakstan nous sommes accompagnés d'une vingtaine de policiers qui ont une présence bon enfant qui la nuit surveillent notre bivouac et la journée nous accopagnent soit toutes sirènes hurlantes ce qui semble les amuser beaucoup ou alors ils nous passent un tube de Joe Dassin qu'ils semblent particulièrement aprécier.

Aujoud'hui, notre chevauchée a été très courte (75km) qui nous a emmené a Turkistan."

Dominique et Gérard

Shymkent, le 14 juin

"Journée de repos sous un soleil ardent dont plus de 40 degrés. Nous n'avons envoyé qu'aujourd'hui le récit de notre traversée de Kirghizie, en effet, nous avons passé la plupart du temps la nuit en bivouac, sans connexion aux médias.

On reprend donc à partir du réservoir de Toktogul

L'étape qui nous a amenés dans les gorges de Tchichkan était de toute beauté, nous avons longé la rivière du même nom et donc en fin de journée, avant l'arrivée de l'étape, nous avons été accueillis par des salves de tonnerres, un feu d'artifices d'éclairs et au lieu d'être arrosés par la bouteille de champagne de l'arrivée nous avons été réfrigérés par une pluie battante.

Le gîte et le couvert nous ont rapidement rassénérés, mais tout le monde était un peu inquiets pour l'étape du lendemain : 155 km, un premier col avec 40 km de montée et une altitude de 3200 m, une descente et un deuxième col à 3380 m. Le lendemain matin, un ciel chargé laissait présagé une journée à météo capricieuse. Le tandem a abordé ce premier col avec sérénité mais mon dos a rendu cette ascension de 40 km un peu pénible. Après le repas, j'ai décidé de ne pas passer le deuxième col et Dominique a franchi ce col, avec, comme passager, James, un ancien de Paris Pékin qui vit en Kirghizie et qui nous a rejoints. C'est toujours un moment un peu difficile pour un cycliste de monter dans la voiture balai et de voir les amis peiner dans la montée. Cette montée a été autant plus difficile pour eux qu'ils ont été pris dans une tourmente de neige.La descente a été périlleuse : plusieurs vélos avaient des freins qui ne répondaient plus, d'autres étaient figés sur place par le froid et enfin quelques uns étaient terrorisés par la perspective de descendre ce toboggan verglacé. C'est ainsi qu'un bon nombre a terminé dans une grande bétaillère de mouton, dans laquelle se trouvait un pauvre et malheureux mouton qui ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait !

Au fur et à mesure de la descente, avec le réchauffement du troupeau de cyclos, ce ne sont pas des bêlements mais des plaisanteries et des rires qui sortaient de ce radeau de la méduse. Cette journée s'est bien terminée mais j'étais un peu malheureux d'avoir abandonné mon pilote dans la tourmente. Dominique et James ont pu faire la descente de façon plus sécurisée grâce aux freins à disques.

Le lendemain, soleil radieux qui a réchauffé les coeurs et redonné un peu de bonne humeur au peloton. L'étape était plutôt facile et elle nous a emmenés au Kazakhstan. Le passage à la frontière s'est fait très rapidement et tout le monde a quitté avec beaucoup de regret ce magnifique pays.

A Taraz, nous avons été accueillis par un concert.

Ensuite 2 étapes avant notre journée de repos, encore avec quelques bosses pour nous rappeler la montagne avant la platitude et les longues lignes droites qui vont traverser les steppes du Kazakhstan.

A suivre pour les prochaines aventures !"


Le tandem Dominique et Gérard

Au bord du lac de Toktogul, le 8 juin

"Le tandem est reparti avec les autres pour Jalalabat sous un soleil radieux. Au bout de 50 km on a été accueillis par une communauté orthodoxe et le père Dimitri. 20 km plus loin nous avons été accueillis dans un autre village près d'un magnifique minaret et c'est avec plaisir que nous avons participé à la cérémonie du pain et du sel. Le reste du parcours de vélo s'est déroulé normalement et nous a amenés à Jalalabat 3ème ville du pays.

Le lendemain, une étape sans problème majeur mais sous un soleil de plomb nous a ramenés à Shamaldy, petite agglomération ressemblant à une ville fantôme où, par ci par là, émergent  des constructions commencées il y a quelques années et restées en état.

Aujourd'hui a été une étape musclée avec une succession de bosses et de collines qui a fatigué tout le monde. L'endroit choisi pour faire étape est un ancien lieu de vacances avec des bungalows au bord du lac. Les couleurs et la beauté du lieu ont été perturbées par les orages fréquents."

Le tandem Dominique et Gérard

Och, le 5 juin

"Nous pouvons enfin vous donner des nouvelles ! Nous bivouaquons dans les jardins d'une petite église orthodoxe, la journée de repos est agrémentée d'orages.
Cela fait 4 jours que nous sommes au  Kirghizstan. J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ce petit pays montagneux. Les derniers kilomètres en Chine nous avons du les passer dans un car, ce qui nous a frustré un peu, mais la frustration a vite été oublié : c'était une piste défoncée, poussiéreuse avec beaucoup de camions.
Le passage de la frontière sino-kirghize nous a réservé son lot habituel d'attente à 3000 m d'altitude dans le froid et c'est de nuit que nous sommes arrivés dans notre premier bivouac dans une école kirghize. Le lendemain un soleil radieux, des sommets enneigés, des animaux (vaches, chevaux), et une route magnifique nous ont vite fait oublier les désagréments de la veille. C'est donc avec plaisir que nous avons franchi un col magnifique à plus de 3700 m d'altitude entre les congères de neige, les cris des marmottes et au bas du col des troupeaux de chevaux. Le soir, nous avons retrouvé une école avec des enfants ravis de nous voir. Par contre, le village était situé à plus de 3000 m et même au mois de juin la vie y est plutôt rude (pas d'eau et une température hivernale en juin).

Le lendemain : 2 cols qui avoisinaient les 3700 m et une arrivée à 1600 m, ce qui n'était pas pour nous déplaire pour nous réchauffer. Hier, une « petite ascension » qui nous a amenés à 2400 m et enfin une descente de 60 km sur Och qui se trouve vers 1000 m. Cette descente a été un émerveillement ! Nous avons croisé beaucoup de troupeaux : moutons, chevaux, vaches et le tout avec une mosaïque de yourtes qui faisait un magnifique patchwork de couleurs dans les prairies verdoyantes."

Dominique et Gérard

Ulugqat, le 31 mai

"Hier nous avons passé la journée à visiter Kashgar, ville qui m'a toujours fait rêver. Située sur la route des caravanes, au pied de montagnes aussi hautes que belles et mythiques, à l'entrée du désert du Takamakhan. Il s'agit d'une ville d'échanges avec son bazar qui grouille de vie, des couleurs d'étoffes variées et des senteurs enivrantes d'épices. Nous avons visité la mosquée et sa roseraie qui est un havre de paix et de sérénité. La vie trépidante, bon enfant, populaire dans le vieux quartier avait tout pour ajouter une note d'exotisme.

Aujourd'hui, nous avons repris le vélo et nous avons de nouveau grimper. Ce soir nous nous trouvons à 2300 m, l'air est plus respirable et moins chaud. La route était très belle, de beaux paysages et ce soir est la dernière nuit que nous passons en Chine. Tout le monde se réjouit de passer au Kirghizistan. Je ne sais pas si vous aurez ce message tout de suite car dans les prochains jours nous serons en bivouac."


Le tandem Dominique et Gérard

29 mai, Kashgar

Départ du bivouac

"Cela fait quelques jours que vous n'avez pas de nouvelles, pour la simple raison que dans les 2 ou 3 hôtels dans lesquels nous avons été logés, il n'y avait pas d'accès à Internet. Les autres soirs nous avons campé dans le désert et hier soir, nous avons occupé d'anciennes baraques utilisées par les ouvriers saisonniers qui travaillaient dans une manufacture de coton maintenant fermée.

Pour la partie vélo, nous avons continué à traverser le Takkamakan et aujourd'hui, avant Kashgar, nous avons traversé une région plus verte où règne une activité agricole traditionnelle, confirmée par la présence de nombreux tombereaux tirés par des ânes. A l'approche de Kashgar, nous avons été accompagnés par de nombreux policiers. La monotonie du parcours n'a été perturbée que par les grincements et les secousses du roulement de notre jeu de direction. Ce problème a été résolu grâce à Guy, qui a entièrement démonté hier soir le jeu de direction ; nous avons ainsi pu rouler normalement aujourd'hui, sans être accompagnés de cette petite musique grinçante.

Nous sommes arrivés le soir à Tumushuk, ville nouvelle créée en 2004, qui paraissait complètement déserte. Le soir dans les parcs et immeubles déserts nous avons cherché vainement un magasin pour y faire des courses pour le lendemain. C'est là que nous avons rencontré trois jeunes chinoises, heureuses de mettre en pratique leur rudiment d'anglais, qui nous ont aidé à trouver magasins et provisions. D'après ce qu'elles nous ont dit, c'est la première fois qu'elles voyaient « des longs nez » - des occidentaux. Elles nous ont ensuite emmenés à une petite fête populaire, avec musique et brochettes. Les habitants, d'abord surpris de nous voir et un peu distants, n'ont pas arrêté de nous photographier, seuls ou avec eux.

BivouacDans le bivouac du désert, j'ai été enrôlé pour la corvée de pommes de terre. L'équipe de cuisine, fort indulgente, a trouvé que je m'en sortais pas mal. Les mauvaises langues ont quand même dit qu'il y avait plus de photos prises que de pommes de terre épluchées !

Demain journée de repos et tourisme à Kashgar. Cette journée sera suivie par une petite étape. En revanche, les deux journées suivantes, pour le passage au Kirghizistan, se feront en car, car nous traverserons une région sensible que nous n'avons pas le droit de franchir à vélo.

A bientôt !"

Le tandem Gérard et Dominique

24 Mai, Alaer

Bivouac

"Encore deux jours de vélo, deux étapes plutôt monotones de 115 km et 145 km où l'on roule en groupe. Cela nous rapproche de la frontièree Kirghyse. Mais ces deux jours ont quand même connu leur péripéties. Hier nous avons campé en plein désert et comme d'habitude Dominique et moi avons partagé la tente avec Mireille et Henri, l'autre couple en tandem. Certains ont pris  l'option de dormir à la belle étoile. Malheureusement, un orage violent a éclaté, avec des bourrasques de vent acompagnées d'une pluie dilluvienne ! Notre tente, placée dans une petite cuvette, a transformé notre couchage en mare ; tout était trempé ! Une fois la pluie finie, Mireille,comme de coutume, a pris les choses en main et a réussi à nous organiser un lieu de couchage tout a fait acceptable. Pour remonter le moral des troupes, Lionel, notre cuisinier, nous a concocté un menu typiquement français arrosé de vin rouge offert par l'alsacien Jean-Marie Zimmerman, qui fêtait ses 60 ans. Après quelques chansons, nous avons regagné nos pénates pour une nuit réparatrice."

Gérard et Dominique

22 mai, Kucha

Cyclistes et tandem

"Jour de repos à Kucha, et comme tous les jours de repos : lessive, mise en état du tandem, réveil un peu plus tardif et visite de la ville, qui est plutôt monotone et tristounette. Par contre, la vieille ville avec sa mosquée et surtout son marché ont un coté plus humain et chaleureux.

Pour le vélo, il n'y a pas grand chose à dire : une étape de 180 km dimanche, parcours mi-autoroute et mi-nationale. Ce trajet monotone est roulant et adapté au tandem qui, une fois n'est pas coutume, est à la fête.

Lundi, étape de 115 km toujours aussi favorable au tandem. La région est très désertique, nous sommes très proches du désert de Takamakan. Ici, nous sommes en pays Ouighour. La population d'origine Turque est évidemment très différente de la population chinoise que nous avons cotoyée. Son influence se retrouve aussi dans la musique et la cuisine."

Le tandem Dominique et Gérard

19 mai, Kola

Etape du 19 mai 2012

"Nous voilà de nouveau dans une très grande ville, cela faisait longtemps, nous sommes dans un hôtel et avons de nouveau accès à Internet. Cela va devenir rare dans les prochains jours !

Cela fait 3 étapes que vous n'avez pas de nouvelles.

Lors de la 1ère étape, le tandem n'était pas toujours à la fête, à cause de faux plats montants qui n'en finissaient pas et 1800 m de dénivelé à emmagasiner. Il m'est venu une pensée sur les avantages et inconvénients de ne pas y voir.

L'inconvénient a été de ne pas voir les magnifiques paysages qui défilaient dans la montée de ce col interminable. Les superlatifs et les commentaires de Dominique m'ont fait deviner un environnement grandiose, des canyons, des dunes de sable, un cours d'eau et, de temps en temps, les jappements des chiens, les coups de sifflet des bergers et le bèlement des moutons complétaient ce cadre enchanteur. Ce décor a fait passer plus vite la montée interminable et, au sommet, une bière et un bon casse-croûte ont vite fait de nous faire oublier nos difficultés.

Pour les avantages de ne pas y voir :  l'environnement du bivouac, ancien camp militaire désaffecté
qui s'étalait sous un soleil de plomb. Les odeurs, elles, par contre, confirmaient la description de mes collègues. Cet endroit est maintenant la résidence de travailleurs de passage. La cohabitation avec ces travailleurs me rappelle que ce qui n'a été pour nous qu'un lieu de passage est le quotidien de beaucoup de gens. Le voyage a ça de bon de nous faire réaliser que notre vie quotidienne, chez nous, est quand meme bien agréable et beaucoup plus facile que pour beaucoup de gens.

Les 2 autres étapes jusqu'à Kola ont été plutôt faciles, avec une chaleur encore relativement supportable."

Gérard et Dominique

16 mai, Toksun

"Trois jours sont passés depuis notre dernier rendez-vous : internet n'était pas disponible.

Après les 2 jours de repos : réveil matinal à 4h30, départ à 6 h dans la semi-obscurité et un froid piquant, mais une route facile, un bon revêtement et pour une fois un vent pas trop agressif !

Nous sommes arrivés de bonne heure dans la ville où nous avons pris le train dans la soirée. Le train était bondé, et l'ambiance était colorée et chaleureuse, entre les cris et les rires des Chinois et les plaisanteries de collégiens que nous échangions dans nos compartiments. A 6 h du matin, nous avons débarqué du train après avoir parcouru quelques 800 km du désert de Gobi. Là, par contre, la température avait monté de quelques degrés.

Les 2 jours suivants, nous avons fait de courtes étapes faciles avec un vent favorable. La chaleur est devenue lourde, les paysages toujours très désertiques mais avec dans les villes étapes de magnifiques oasis verdoyantes et des villes à taille humaine et plutôt accueillantes.

Il me vient à l'esprit un message que j'envoie à mes amis mal-voyants : sortez de chez vous, partagez et rencontrez les autres, quittez le guéto du handicap. En effet, pendant ces jours d'aventures et de voyages, je ne pense jamais à mon problème visuel et je vis de façon pleine et entière cette magnifique aventure, je la vis exactement comme les autres, avec ses difficultés et ses joies. Je suis un cycliste presque comme les autres. Evidemment, ces moments je les dois à Dominique.

Suite aux prochaines aventures !"

Le tandem

13 Mai, Dunuang

Etape 37

"La  vie est belle : deux jours de repos ! Cette ville est un écrin vert, un oasis calme, une cité paisible en plein désert de Gobi. La première journée a été occupée par la visite des grottes des milles Boudhas, le reste du temps est partagé entre repos, petits achats, mécanique, nettoyage des vélos et lessive. La lessive, je n'en parle pas trop car cela pourrait donner des idées à Annie !! Pour mes maillots de vélo, la méthode est de prendre la douche avec, de savonner et rincer. L'étape qui nous a emmenés a Dunuang n'était pas un "long fleuve tranquille". En effet, au matin du départ, la température était de 3-4 degrés, et accompagnée d'une pluie glaciale et surtout d'un vent violent. La pluie s'est arrêtée dès qu'on est partis mais le vent, lui, a été présent toute la journée, de face et glacial : tout ce qui peut rendre un cycliste heureux ! Heureusement, Dominique a pu intégrer un groupe de cyclistes ce qui nous a protégés, mais cela lui a demandé un effort de concentration important. Notre groupe n'avançait guère à plus de 12 ou 13 km/heure. Mais au ravitallement, une portion plus que copieuse de salade de riz nous a requinqués et nous a permis de terminer l'étape dans de meilleures conditions."

Le tandem

10 mai, Anxi

"Depuis mes dernières nouvelles, 2 étapes ont eu lieu, l'une de 135 km et l'autre de 145 km.
La région traversée est totalement désertique sans culture, sans village.
La piste est toujours un élément difficile à négocier en tandem, notamment pour le pilote, Dominique, qui doit trouver la bonne trajectoire et surtout réussir à maintenir le cap, ce qui n'est pas toujours évident :  en effet de gros camions chargés de pierres et de sable empruntent le même chemin et ne dévient pas de leur trajectoire, même pour de valeureux cyclistes !

Ces portions de piste sont aussi un petit peu stressantes pour moi, car la pluie et le sable nous font faire de petits dérapages qui ont d'ailleurs failli valoir une chute à Marie-Paule, l'Alsacienne Savoyarde du groupe qui suivait d'un peu trop près notre tandem.

Aujourd'hui, l'étape nous a valu nos premiers coups de soleil.
Nous avons suivi une petite route qui longe l'autoroute une fois à gauche, une fois à droite. Le seul élément qui rompait la monotonie de ces paysages était la présence d'éoliennes et le klaxon toujours aussi strident des camions qui nous croisaient ou qui nous doublaient."

Le tandem Dominique et Gérard

8 mai, Jia Yu Guan

"Nous venons de passer 2 jours sans grande difficulté, à part un bel orage hier, et une route en chantier sur quelques kilomètres aujourd'hui : difficulté qui n'avait plus rien à voir avec ce que l'on a connu avant.

Le moral des troupes est plutôt en hausse et l'on entend de nouveau des plaisanteries et des chansons dans le peloton.

La chaleur augmente rapidement et il va falloir s'en accommoder. Hier soir, nous avons passé la nuit dans des salles de classe et nous avons pu apprécier un bon sauté de porc concocté par notre chef : ces saveurs d'une cuisine à laquelle nous ne sommes plus accoutumés ont été un véritable festival pour nos papilles. La nuit a été plutôt courte, les enfants quittant l'école à 20h45 et les premiers arrivant dès 6h du matin.

Le tandem est plutot en forme ascendante. La région que nous traversons devient plus désertique et Dominique n'a pas beaucoup de paysages à me décrire si ce n'est la chaîne de montagne "Qiliang Shan" dont les sommets enneigés culminent à 5000 m.

Notre ville étape a l'air d'une ville prospère, moderne et bien aménagée.
Avec les amitiés du tandem !"

6 mai, Gao Tai Xiang

30_Etape_-Men_Yuan_-_E_Bao_Xiang_9-2

"Après la journée de repos, nous avons franchi deux cols à 3774 m et 3645 m d'altitude, dans des paysages que Dominique me décrivait et qui étaient grandioses. Après le deuxieme col une longue descente nous a emmenés à l'altitude de 2900 m où, sous un ciel chargé, nous avons monté les tentes.
Je dis nous mais c'est en fait Domnique, Henri et Mireille qui s'en sont chargés. Ce bivouac a été perturbé par de la pluie et de nombreux malades. Nous n'avons donc pas pu profiter pleinement de la beauté des lieux et du navarin d'agneau concocté par Lionel, notre cuisinier.
Heureusement les deux étapes qui suivaient ont été plutôt reposantes et nous y avons retrouvé la chaleur et des routes moins escarpées.
"

Le tandem Dominique et Gérard accompagnés du tandem Henri et Mireille

3 mai, Men Yuan

"Aujourd'hui, journée de repos qui est bienvenue pour les cyclistes, la révision des vélos ; une journée bilan : à ce jour, 3000 km de parcourus, 26 000 m de dénivelé gravis et 6 kilos de perdus pour Dominique et moi, ce qui nous fait dire que nous avons retrouvé notre ligne de jeunes hommes !

Après Xining le 1er mai a été une journée festive : uniquement 60 km de vélo, ciel  bleu et pas de vent ! Le bivouac se trouvait à 2500 m d'altitude, près d'une rivière, sur un terrain où quelques cabanons étaient répartis. Le soir, un orage est venu nous rafraichir. Le bivouac a ceci de bon qu'il nous a permis de retrouver notre âme d'enfant ainsi calfeutrés et serrés dans notre petit cabanon avec le froid et les courants d'air. Le lendemain, nous avons retrouvé le froid et affronté le Col de Banhn à 3792 m d'altitude. A l'arrivée il nous a fallu franchir un tunnel de 1,5 km qui pour moi était assez impressionnant, car dans le noir le bruit des voitures et des marteaux piqueurs présents résonnaient dans cet espace confiné."

Gérard

30 Avril, Xining

Le tandem - 26 ème étape

"A quinze kms de l'entrée de la ville nous nous sommes fait arrêter par des policiers qui nous interdisaient l'entrée de la ville car il s'agit d'une zone militaire et nous n'avions pas les autorisations nécessaires. Cela a été un bras de fer de cinq heures dans le froid ! Malgré ce contre temps désagréable, le groupe est resté zen et finalement dans la nuit et sous escorte policière, nous avons pu accéder à Jinianzhen et à notre hôtel où nous nous sommes couchés sans manger.

Le lendemain, nous avons eu l'autorisation de rejoindre le lac Qinghai où nous avons fait certainement la plus belle étape depuis le début du voyage : un lac bleu, des sommets enneigés au loin, beaucoup de troupeaux de Zoo (croisements de yach et vaches), des moutons, des oiseaux et des drapeaux de prières. La beauté du lieu nous a fait oublier le vent et le froid : nous étions à 3300 m d'altitude. A l'arrivée un petit hotel malheureusement glacial.La vie sur ce haut plateau doit être très dure : en effet les gens nous paraissent pauvre et vivent dans des petites demeures sans confort et avec peu de chauffage. Le lendemain, une nouvelle étape de 121 km qui nous paraissait facile s'est averée difficile pour tout le monde à cause d'un vent violent de face qui nous a obligé à pédaler dans les descentes.

Ce matin, une surprise nous attendait : 10 cm de neige étaient tombés dans la nuit."

Dominique et Gérard et Henri et Mireille

18 avril, Qingchen

"Nous sommes à Qingchen, à 1100 mètres d'altitude !
Après une grosse étape de 144 kilometres, rallongée afin d'éviter plusieurs kilomètres de pistes, nous avons gravi un col à 1700 mètres, suivi d'une route de crètes, dans un décor de terres cultivées en terrasses. Les coteaux sont couverts d'arbres fruitiers en fleurs.
La route était parsemmée de zones de travaux, nous demandant une grande vigilance. Dominique et moi même étions particulièrement éprouvés, car comme le reste du groupe nous avons attrapés virus ou microbes locaux. Le jour de repos est bienvenu pour remettre en état le tandem et ses cavaliers !"


Le tandem


Vendredi 13 avril, YIan Chuan Xian

"Hier, nous avons évité la pluie. L'étape de 125 km a été musclée, ponctuée de deux cols dont le 1er assez pentu (1200m), jalonné de cultures de riz en terrasse. Nous avons commencé en douceur, en prévision du 2ème col de 1544 m. La descente, agrémentée d'un fort vent contraire glacial, nous a emmené au kilomètre 85.
Nous nous sommes restaurés dans un restaurant situé sous une coupolle assez exotique avant d'attaquer l'après-midi, qui nous a réservé une montée de 4 km difficile pour nous emmener à Ji Xian. Réception dans une école où l'on nous a offert des pommes de la région (80 % de la population vit de la culture de ce fruit).

Aujourd'hui l'étape semblait courte et facile, mais ce fut tout le contraire :  des routes en montagnes russes tout au long de la journée, le long des gorges du "Fleuve Jaune".
Nous avons connu notre 1er problème de matériel, avec le bris d'un rayon et une roue voilée.
Heureusement, l'équipe chinoise qui nous accompagne est intervenue avec beaucoup de dextérité et de professionalisme.

Nous avons traversé le Fleuve Jaune et avons découvert sur l'autre rive de nombreux vergers ainsi que les infrastructures des futures autoroutes et lignes ferroviaires.C'est la première fois depuis le départ que nous étions seuls dans la nature, loin des camions.
"

Gérard et Dominique

4 avril, étape à Ling Qiu

"Le tandem Dominique et Gérard se porte bien. Hier l'étape qui ne devait pas être difficile a été éprouvante pour deux raison. Un vent violent de face, beaucoup de poussière et de pollution, et les camions de charbon omniprésents sur la route.Ce vent a été difficile pour tout le monde et le groupe a apprécié la présence des tandems pour s'abriter derrière. Après les efforts le réconfort : un hotel confortable nous attendait.
Aujourd'hui, étape plus courte mais vent toujours aussi fort surtout dans la traversée des gorges
où sa force était décuplée. Les camions toujours aussi présents, surtout au passage des mines de charbon. Il nous semble que nous avons quitté cette route du charbon et l'on devrait être débarrassés de ces mastodontes.
Par contree demain devrait être une étape difficile à cause de son denivelé (2100 métres)
et de la distance à parcourir (135 km). Si le vent est de la partie, la journée risque d'être rude !
Mais à chaque jour suffit sa peine.
"

Gérard et Dominique

2 avril,  19h00 :

Départ du stade olympique
















"Voilà déjà deux jours depuis le départ de Pékin. Nous sommes partis dimanche matin du Nid d'Oiseau, le Stade Olympique. Petit moment d'émotion, nombreux discours entrecoupés de tambours, comme sont ponctués de nombreuses manifestations ici.
Mon statut de malvoyant m'a valu un interwieuv de la télévision Chinoise. J'en ai profité pour envoyer toujours le même message aux malvoyants et aveugles : "Sortez de chez vous, la vie est belle et la rencontre des autres est toujours source de bonheur et de richesse et surtout, soyez confiant dans l'avenir, la recherche avance !".
Après ces festivités, les premiers coups de pédale au mileu d'un trafic intense, nous roulons sur la bande de dégagement. De nombreux périphériques qui s'entrecroisent. Cette sortie a été un stress pour Dominique, il a aussi fallu que le peloton s'accomode du tandem.
La journée de lundi a été moins stressante. En effet, nous sommes sortis de la mégapole qu'est Pékin pour trouver une Chine plus rurale avec une circulation presque normale. Nous avons rencontré les premières bosses et les montagnes que nous affronterons jeudi se profilent au loin avec leurs pentes inquiétantes.
L'ensemble du groupe me témoigne une attention bienveillante lors des pauses et vient spontanément à ma rencontre pour me venir en aide. Je constate une fois de plus que quand on est dehors et que l'on est signalé en tant qu'aveugle, de nombreuses personnes sont prêtes à venir en aide, et si ce n'est pas le cas elles répondent pour la plupart du temps à mes sollicitations de façon favorable.
"

Gérard et Dominique

31 mars 2012, veille du départ :

"Dominique Brunel, mon pilote, et moi-même sommes arrivés à Pékin avec les 80 autres cyclos qui participeront à l'expédition. Après les visites incontournables de Pékin nous avons récupéré bagages et vélos. La journée de vendredi a été occupée par la mise en état de nos machines et les réglages indispensables au bon fonctionnement. J'ai pris possession de mes bagages, je me suis occupé à classer et ranger mes affaires pour que je puisse les récupérer de
façon simple et rapide et surtout de ne pas devoir faire appel à Dominique et aux autres membres de l'expédition. Cette période préparatoire est un moment propice pour lier connaissance avec les autres participants de l'expédition. Les retrouvailles avec les anciens de l'expédition Paris-Pékin 2008 ont étés riches en échange de nos souvenirs communs.
Tout le monde est dans la fièvre et un peu dans l'angoisse du proche départ qui aura lieu demain matin, au Stade Olympique "Le Nid d'Oiseau" de Pékin.
"

Gérard et Dominique

Créé Lundi, 09 Juillet 2012 Modifié Mercredi, 19 Septembre 2012

© 2010 Fondation Voir et Entendre. Tous droits réservés. Une réalisation Sud Edito et h2studio